Kołacz królewski czyli alegoria pierwszego rozbioru Polski. Jean-Michel Moureau (1741 – 1814)

Jean-Michel Moureau. Le gâteau des rois ou Le partage de la Pologne

Udało mi się wytropić na rynku cymes nad cymesami! Jest to oryginalny tusz/tusz lawowany wykonany w 1772 lub 1773 roku przez Jeana-Miachela Moreau ‘Kołacz królewski – alegoria pierwszego rozbioru Polski”. W Polskich szkołach ta scena była szeroko kolportowana w podręcznikach historii. Miedzioryt, na podstawie tego tuszu, został wykonany w 1773 roku przez Noela Le Mire’a we Francji i prawie cały nakład odbitek został zaraz skonfiskowany, zaś płyta miedziana została zniszczona. Jedynie nieliczne egzemplarze ocalały i te były kolportowane. Ta satyra była zbyt oczywista dla francuskiego dworu królewskiego wobec jego politycznej bezczynności w stosunku do rozbioru Polski i chyba dlatego dokonano tej prewencyjnej cenzury. Tusz stanowi oczywiście odbice lustrzane miedziorytu. Dość ważna to praca wystawiona na aukcję. Poniżej miedzioryt.

Noël Le Mire. Le gâteau des rois ou Le partage de la Pologne, 1773. Miedzioryt

Jean-Michel MOREAU, dit MOREAU le Jeune Paris, 1741 – 1814
Le gâteau des rois ou Le partage de la Pologne
Plume et encre noire, lavis brun
(Piqûres)

The Troelfth cake, pen and black ink, brown wash, by J. M. Moreau the younger
h: 22,20 w: 16,20 cm

Provenance : Collection du libraire Lamy ;
Sa vente, Paris, 11 janvier-11 avril 1808, partie du n°2107 (“douze dessins de Moreau le Jeune”);
Collection Marie-Joseph François Mahérault ;
Sa vente, Paris, Hôtel Drouot, Mes Pillet et Delestre, 27-29 mai 1880, n°198 ;
Collection Louis Lebeuf de Montgermont ;
Sa vente, Paris, Galerie Georges Petit, Me Lair-Dubreuil, 18 juin 1919, n°258 ;
Collection Paul Desmarais, Paris ;
Puis par descendance

Bibliographie : Marie-Joseph François Mahérault, ‘L’oeuvre de Moreau le Jeune. Catalogue raisonné et descriptif’, Paris, 1880, p. 453-454, n° 398 (l’estampe) et supplément, p. 486, n° 492
Edmond et Jules de Goncourt, ‘L’Art du XVIIIe siècle. Troisième Série’, Paris, 1882, p. 151
Emmanuel Bocher, ‘Catalogue raisonné des estampes, vignettes, eaux-fortes, pièces en couleur au bistre et au lavis, de 1700 à 1800. Jean-Michel Moreau le Jeune’, Paris, 1882, p. 92, mentionné dans la notice du n°243
Adrien Moureau, ‘Les Moreau’, Paris, 1893, p. 46-47 (l’estampe de Le Mire)
André Blum, “L’estampe satirique et la caricature en France au XVIIIe siècle”, in ‘Gazette des Beaux-Arts’, Paris, août 1910, p. 114

Commentaire : Gravure :
Par Noël Le Mire, 1773

L’Histoire se répète inlassablement et la géopolitique trop peu souvent varie. Nous constatons cruellement en cette année 2022 dans une région voisine de la Pologne que la loi du plus fort l’emporte presque toujours. Le premier partage de la Pologne en 1772 est la conséquence de l’appétit et de la puissance grandissante de trois voisins aux politiques militaires efficaces, des Etats dirigés de mains de fer par des souverains éclairés. Nous distinguons sur notre feuille, d’une fraicheur miraculeuse, à droite, l’impératrice de Russie Catherine II assise sur son trône, à gauche, Frédéric II de Prusse désignant avec son épée l’objet principal de sa convoitise qu’est le port de Dantzig (toujours Dantzig…), l’empereur Joseph II qui tend la main vers les régions limitrophes de son empire et enfin le roi élu de Pologne Stanislas Poniatowski qui se désespère et peine à maintenir la fragile couronne que porte sa tête.
La carte est bien sûr à lire à l’envers puisque la finalité de ce dessin hautement politique était d’être diffusé au plus grand nombre par la gravure qui, son épreuve aboutie, en inversera le sens de lecture. Très peu d’épreuves sont néanmoins parvenues jusqu’à nous puisque très vite les exemplaires furent saisis chez le graveur Le Mire1 et le cuivre détruit dès le lendemain de la saisie2. Le dessinateur comme le graveur avaient conscience que leur action pouvait être considérée comme un acte de défiance vis-à-vis du pouvoir royal français qui était resté silencieux devant cette confiscation par la force. Afin de rester discret, c’est en effet de l’anagramme Erimeln que N. Le Mire signa son estampe publiée en 1773.

Le ‘Mercure de France’ en date du 6 février 1773 commente la gravure de Le Mire réalisée d’après notre dessin : ” A ce titre allégorique [Le gâteau des rois] on juge que c’est une caricature satyrique mais noble et décente (…). Elle [la Renommée] embouche la trompette pour aller annoncer à l’Europe cette nouvelle intéressante “. Mais Moreau n’a-t-il pas en réalité représenté une Renommée qui tourne le dos à l’Histoire et au spectateur pour relever que l’action qui est en train de se dérouler sous nos yeux doit être considérée comme un fait indigne et honteux ?

1. Le ‘Mercure de France’, 11 février 1773, ” [la gravure] a été enlevée avant d’être mise en vente par ordre du gouverneur (…). On présume que c’est une tournure pour prévenir les plaintes des Ministres qu’elle intéresse “.
2. A. Moureau, ‘op. cit.’, p. 46.

Estimation 12 000 – 15 000 €. Artcurial. 09/21/22

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